Hier, misère à l'emporte ivresse !
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Plume "niac niac"
Hier, petite soirée avec un congénère... ce qu'il y a de plus paisible... quartiers nord de Marseille, à même pas 500 mètres du quartier d'enfance de Zidane, je sais, c'est un détail dont nos coucougnettes s'en tamponnent. Hauteur surplombant la ville et la rade de Marseille... enfin fraîcheur ! on se remet de ces jours d'intenables canicules, y a même quelques pans de nature sauvage, on voit du vert en pleine nuit, ça repose, même si cette verdure reste timide aux contours de toutes ces tablettes mastodontes HLM où misère et climat pénitencier sont bétonnés implacables, condamnés à suer vilain, en tout, pour tout. Ces quelques centaines de mètres carrés sont en sursis, promises à l'abattoir immobilier promotion du laid, de l'abominable-brique-sans-âme, quelques lottissements de la mort pour cadres dynamiques, ou gros beaufs nouveaux riches... Déjà quelques panneaux d'agences, affichent déjà le projet !... le meurtre paysager prévu... la griffe du bâtisseur de carton... déjà la maquette, le dessin, laisse paraître la fadeur d'un lieu boumker doré, barbelé-tendance !... d'un bonheur sous surveillance et trouille des voisins !... je vois déjà les promis esclaves rétribués via notaire, venir bien lumineux-ternes, tendus, souriant-tordu... s'imaginer barbecue, vite lassés de bronzer, car personne pour les regarder, chercher à se convaincre de leur juste-achat en invitant leurs enculés de bureau, leurs salauds d'amis, venus les envier... et où leur niaise foutre-tournure d'empaffés sans esprit, chichiteux à la boue, pousseront ces rires de mouettes qui n'en sont pas, qui tapagent diurne ou nocturne à faire fuir la délicatesse, la tendresse, le goût d'aimer, tellement ils seront gras cons, trempés de vin blanc sous le soleil !...
Bref, pour lors, c'était bien... sympa, une sort d'enclave épargnée, même si l'alentour est bien trop de trop ! c'était chouette, à rentrer à 3 heures du mat'... Soirée enfin fraîche, intime, à deux, un peu à trois, entre hommes, en intime, en rires et en haines, en conneries et grandes pensées, en intellect barbare.
Pour rentrer, je passe par le littoral... l'arrivée au port a été dézingué à coup de buildings vitreux, froids, immondes fainéantises en architecture, sale réplique du mauvais-goût américain dans lequel les français s'y plaisent comme mouches sur merde !... ces français qui ont perdu leur sens du raffiné, du détail, des fioritures célestes, pour verser dans ce goût brûlé, ce goût tombal, cette facilité de l'incinération de l'âme, pour ériger des constructions de cadavres de cires, en briques, acier, et vitres... tape à l'oeil le cercueil, mais c'est tout... en vrai, ça casse pas des briques !... L'habitat est si important pour l'esprit que rien ne saurait spéculer spirituel sans inclure nature et bâtit !... sans quoi, ça devient de la pute rêvant de prude !...
Je passe par la canebière, je décide de scier le centre-ville, furtivement... juste pour revoir cette Phocée nocturne, ce qu'elle devient en plus belle la vie, plus grosse la lie, plus dégoûtante la vie, plutôt pointé vers le ci-git Provence... Ces mêmes lieux où j'ai ruiné, par la force des choses, les plus importantes années de ma jeunesse, à faire les chauds, à zoner clowns voyous, pratiquer drague de petits frustrés presque pervers à force de ne rien toucher entre quinze et vingt-ans ! violents pour rien, pour sa propre apocalypse, pour chier méchant toute cette musique que l'on n'a pas apprise, tous ces rêves de diables, ces songes de monstres fous, ces appétits de démons vitreux, calibrés au schéma télévisuel de la réussite solo-nerveuse-nique-tout-le-monde-accumule-objets-fantômes-industriels-flash !... Les choses ont changées... sur quelques aspects seulement... mais le truc, c'est le même. Tu reviens 15 ans après, c'est la même moisissure qui pègue partout, où rien ne rattrape le bordel nerveux, descendant en abîmes sur lui-même !... tout l'y pousse à ce que rien ne tienne en classe, en beauté, en ambiance mignonne, en courant d'air de sympathie qui appelle promenade de vie !...
J'abrège cet écrit. Je me rends compte que le thème premier est devenu secondaire... Je voulais juste parler de cet alcoolisme lorsque je suis remonté côté la Plaine... Ces manières importées d'alcool de rue... Si y avait quelque chose de bien à Marseille, à une époque pas si lointaine, c'est que ça se faisait vraiment pas de marcher dans la rue avec des dives-bouteilles à la main, question de tenue ! c'était que les voyous clochards qui en étaient comme excusés par la plèbe... Mais, depuis que les petits-bourges infectes-minables jouisseurs anarchistes-à-papa, venus de Montpellier, Lyon, Grenoble, Paris, Clermont, Bordeaux ou d'ailleurs, venus passer concours, étudier conneries, se donner impressions de bordel dangereux (mais avec la pref-de-police à côté, on sait jamais ! et puis la carte-bleue de papa, sa caution pour l'appart, c'est quand même vachement chouette la révolution)... Et bien, eux, ils déambulent ivrognes, bruiteux pour rien, alcool au bout du bras, esprit sous-vide ! mal-élevés éduqués sous-X !... provocants en immoralité putassière, de connards qui ne se permettraient rien de rebelle contre Golman-and-Sachs, Lehmann, Madoff !...
Au risque de paraître un peu foutrement, fichtrement bisounours... pour la première fois de ma vie, au milieu de Babylone, j'ai eu de la peine pour trois jeunes filles, Blanches à l'envie ! abâtardies en pleine rue ! Je me suis même un peu dégoûté de moi-même de m'éprendre pour elles, le temps de deux feu-rouges embouteillés, je les ai observé depuis ma ford-focus !... toujours l'air de rien bien sûr, avec mon pif de chien !... mon regard m'as-tu pas vu mais j'ai tout saisi d'un coup !... pitié peut-être due au fait qu'elles étaient au balbutiement de leur perversion ! encore gauches dans leur façon de boire, aisance forcée, gorgées d'amateurs en bibine absinthe !... qu'elles étaient au prises avec cette dictature chébran de la mort, faut se mettre minable pour être dans la vie, dans la classe, dans la place... elles s'attiraient des mecs visqueux de toute leur puanteur glandulaire, leur mal-pensance, leur rut-crasseux, vilain, le mal en couilles de bâtards !... elles appelaient ça aussi !... je suis resté sur le cul de les voir boire par terre ! sur une marche... même si y en avait d'autres des groupes à foison qui se soulaient aux rues... Mais elles, c'était la fille à sa maman et à son papa, en train de se foutrailler pleines bittes autour, pleines vinasses, plein dégueuh du m'en-foutisme carnassier de ces sorteurs !... Leur côté enfant, malgré toute leur enflammade à la débauche, rendait cette perspective offerte à mon attente, une teneur des plus révoltantes !... je les voyais déjà, à demi-conscientes, entrainée par un malin manipulateur tout sourire freluquet, se faire baiser, souiller, saoûlée, en petite merde super bonne sans minimum respect !... ainsi ouvrir le bal de quelques décennies de ternes expressions du visage, toute cette innocence si mal-traitée, boulimique de merdes à l'infini, habituée au pire dès les premières éclosions hormonales, ne continuant son existence que pour tapisser, sur d'autres horizons, cette prime-perversion, définitive, immuable jusqu'au tombeau...
Ce côté épargné, elfe, radieuse naïveté, légèreté de belle des champs, ces magies de bien-éduquées, à jamais perdus, oubliés, électrocutés 20 000 volt-farces-alcoolo-fiesta !...
Ce côté épargné, elfe, radieuse naïveté, légèreté de belle des champs, ces magies de bien-éduquées, à jamais perdus, oubliés, électrocutés 20 000 volt-farces-alcoolo-fiesta !...
Elles ont un papa, une maman, je sais ce que c'est que de faire grandir un nourrisson, un bébé, les milliers d'attentions pour préserver la vie... je sais ce souci pour son enfant dans un monde aussi endiablé !... et dire qu'elles aussi !... et dire que peut-être elle a un père qui s'inquiète pour elle, ne pouvant rien dire au nom de la liberté dont il connaît très bien l'hôtel du malin !... Je me dis, comment réagirait-il, s'il voyait sa fille dans ce nid de pu, de foutre, de queues, de bouteilles, de shit, d'infâme ?!!!
Le feu est vert : qu'elles aillent au diable !...
Rouge Le Renard


