vendredi 28 octobre 2011

L'amour authentique

L'amour, c'est pas ce sentiment de salopes qu'on entend partout dans les médias, tout maladif pathéteux, humaniste, plastique, dans les feuilletons Paméla - Souélène ! RnB love mon cul ! L'amour du commerçant, du vendeur ! l'amour « portes ouvertes », l'amour n'a pas d'odeur : 1 tiens mon amour, 2 ta monnaie, ton vote, je l'aurai !... l'amour du petit tiers-mondiste refroidi par la malaria, le petit Chang épongé par un tsunami ! file 1 euro en texto (qui servira au train de luxe des humanistes professionnels, plus la pub de l'opérateur téléphonique) et puis, tout gras de bonne conscience, tu pourras retourner enculer ton «collègue » de travail, le vendre à ton patron, pour une promotion rien qu'à toi !...

L'amour authentique sait se répandre en haine meurtrière aussi. L'amour est intolérance. L'amour ne tolère que l'objet de son amour, et seulement lui  ! L'amour n'est pas arrière-monde, « en soi », « intérieur », non ! l'amour est Physique ! l'amour du corps de sa patrie : sa terre. L'amour du sang de sa patrie, son peuple, son semblable, l'instinct d'espèce. L'amour de la femme est physique, car toute femme noble est belle, de ce charme éthéré qui ne peut pas habiter un corps pourri ! ne serait-ce que ce baume floral au regard, au moins un tantinet de fraîcheur sympathique dans les traits pour les moins bien loties... je ne parle pas ici de la beauty of the magazines ! ces beauty plates, techniques, retapées, surfaites... non, je parle de ces beautés de femmes élevées au maïs, pétales sanguines et laiteuses à la volette, cette grâce à la fois lente et fugace qui ne se donne pas ni ne se prend, qui n'offre que la possibilité de s'y perdre... que seuls les hommes raffinés savent détecter, pendant que les autres bandent sur Lolo Ferrari. Ces femmes issues, nées de l'Ether, de peuples forts, car là où les mâles sont guerriers, intelligents et nobles les femmes sont belles, et là où les hommes sont branleurs leurs femmes sont moches... tout ça se tisse dans les gènes, au fil des générations... Quel homme aimerait encore une femme devenue hideuse ? quelle femme aimerait encore un homme devenu Lionel gros beauf dépressif ?... l'amour se taille dans le marbre dur et s'arme follement, du brut comme du subtil... L'amour c'est l'esprit de la matière, et la matière de l'esprit.

Rouge Le Renard

jeudi 27 octobre 2011

Céline - les malins jouisseurs et les dindons de la farce

«Ah fiston si tu penses que les éditeurs se fatiguent ! Ils vivent mon pote, c’est-à-dire qu’ils déconnent, bouffent, boivent, ronflent et baisent – et partent en voyages d’affoîres ! rien de plus, tous macs bien fainéants – le cerveau c’est un muscle malheureux – Ca s’atrophie vite et bien. Ils sont tous à zéro du cerveau – absolument incapables de travailler – L’atroce travail – C’est pour nous le travail, nous bétail con. Ils nous attendent.
Ils ont des « idées »… C’est encore un autre énorme genre de macs et bandits et atrophiés. Ces mecs à idéâââs ! les idéistes et les ideaaalistes !
Mais travailler c’est le contraire de vivre. C’est engraisser les macs. Je t’apprends rien – c’est triste – […]»

Céline, Lettres à Albert Paraz, 1947-1957, Nouvelle édition, p.373, ©Gallimard 2009.

Folie féconde - Aristote

"Il n'y a point de génie sans un grain de folie"


ARISTOTE

Lettre de Céline - Raison plate et Folie féconde



« La raison ! Faut être fou ! On ne peut rien faire comme ça, tout émasculé. Ils me font rire. Regardez ce qui les contrarie : on n’a jamais réussi à faire raisonnablement un enfant. Rien à faire, il faut un moment de délire pendant le coït. Mais non, en littérature, faut rester propre. »
L.-F. Céline, entretien avec Robert Poulet, 1958.

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Tout est permis rien n'est possible - Michel Clouscard





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mercredi 26 octobre 2011

Honneur aux allemands, ces grecs antiques de la modernité

HEGEL

JACOB BOEHME

NIETZSCHE

MAX WEBER

Femme face à des guépards

Nietzsche - le dernier homme




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samedi 22 octobre 2011

Généalogie de la morale - Nietzsche / extrait 3

"Et maintenant examinons ces cas exceptionnels dont je parlais tantôt, ces derniers idéalistes qui soient aujourd'hui parmi les philosophes et les savants : aurions-nous peut-être en eux les adversaires désirés de l'idéal ascétique, les anti-idéalistes de cet idéal ? C'est là en effet ce qu'ils croient être, ces « incrédules » (car cela, ils le sont tous) ; être les adversaires de cet idéal, c'est là précisément ce qui semble constituer leur dernier reste de foi, tant sur ce point leurs discours, leurs gestes sont passionnés : — mais est-ce là une raison pour que ce qu'ils croient soit vrai ?... Nous qui « cherchons la connaissance », nous nous défions précisément de toute espèce de croyants ; notre défiance nous a peu à peu enseigné à tirer à cet égard des conclusions inverses de celles qu'on tirait jadis : je veux dire à conclure, partout où la force d'une croyance apparaît au premier plan, que cette croyance a des bases quelque peu fragiles, ou même qu'elle est invraisemblable. Nous aussi, nous ne nions pas que la foi « sauve » : mais pour cette raison même nous nions que la foi prouve quelque chose, — une foi puissante, moyen de salut, fait naître des soupçons à l'égard de son objet, elle ne fonde pas la « vérité », mais seulement une certaine vraisemblance — de l'illusion. Or, qu'arrive-t-il dans ce cas ? — Ces négateurs, ces isolés du temps présent, ces esprits intransigeants qui prétendent à la netteté intellectuelle, ces esprits durs, sévères, abstinents, héroïques, qui sont l'honneur de notre temps, tous ces pâles athées, antichrétiens, immoralistes, nihilistes, ces sceptiques, ces incrédules et autres rachitiques de l'esprit (ils le sont tous en quelque façon), ces derniers idéalistes de la connaissance en qui seuls aujourd'hui réside et s'incarne la conscience intellectuelle, — ils se croient en effet aussi détachés que possible de l'idéal ascétique, « ces libres, très libres esprits » : et cependant je vais leur révéler une chose qu'ils ne peuvent voir eux-mêmes — car ils manquent de l'éloignement nécessaire : — c'est que cet idéal est précisément aussi leur idéal, ils en sont eux-mêmes les représentants aujourd'hui plus que personne peut-être; ils sont sa forme la plus spiritualisée, ils sont l'avant-garde de ses troupes d'éclaireurs et de guerriers, sa forme de séduction la plus captieuse, la plus subtile et la plus insaisissable : — si, en quelque chose, je suis déchiffreur d'énigmes je veux l'être avec cette affirmation! Non, ceux-ci sont loin d'être des esprits libres, car ils croient encore à la vérité... Lorsque les Croisés se heurtèrent en Orient sur cet invincible ordre des Assassins, sur cet ordre des esprits libres par excellence, dont les affiliés de grades inférieurs vivaient dans une obéissance telle que jamais ordre monastique n'en connut de pareille, ils obtinrent, je ne sais par quelle voie, quelques indications sur le fameux symbole, sur ce principe essentiel dont la connaissance était réservée aux dignitaires supérieurs, seuls dépositaires de cet ultime secret : « Rien n'est vrai, tout est permis »... C'était là de la vraie liberté d'esprit, une parole qui mettait en question la foi même en la vérité... Aucun esprit libre européen, chrétien, s'est-il jamais égaré dans le mystère de cette proposition, dans le labyrinthe de ses conséquences ? connaît-il par expérience le minotaure de cette caverne ?... J'en doute, ou, pour mieux dire, je sais qu'il en est autrement : — rien n'est plus étranger à ces soi-disant esprits libres, à ces esprits qui ne sont absolus que sur un seul point, que la liberté, l'affranchissement de toute entrave, entendu dans ce sens ; les liens les plus étroits sont précisément ceux qui les attachent à la foi en la vérité, personne plus qu'eux n'y est plus solidement enchaîné. Je connais tout cela, de trop près peut-être ; cette louable abstinence philosophique qu'ordonné une telle foi, ce stoïcisme intellectuel qui finit par s'interdire tout aussi sévèrement le « non » que le « oui », cette volonté à s'en tenir à ce qui est, au factum brutum, ce fatalisme des « petit faits » (ce petit faitalisme, comme je le nomme) où la science française cherche maintenant une sorte de prééminence morale sur la science allemande, ce renoncement à toute interprétation (à tout ce qui est violence, arrangement, abréviation, omission, remplissage, amplification, falsification, bref à tout ce qui appartient en propre à l'interprétation) — tout cela, pris en bloc, est aussi bien l'expression de l'ascétisme de la vertu que n'importe quelle négation de la sensualité (ce n'est là, au fond, qu'un cas particulier de cette négation). Mais la force qui pousse à cet ascétisme, cette volonté absolue de la vérité, c'est, que l'on ne s'y trompe pas, la foi dans l'idéal ascétique lui-même, ne serait-ce que sous la forme de son impératif inconscient, - c'est la foi en une valeur métaphysique, en une valeur en soi de la vérité, valeur que seul l'idéal ascétique garantit et consacre (elle subsiste et disparaît en même temps que lui). Il n'y a, en bonne logique, pas de science « sans présupposés » ; la seule pensée d'une telle science est inconcevable, paralogique : une science suppose nécessairement une philosophie, une « foi » préalable qui lui donne une direction, un sens, une limite, une méthode, un droit à l'existence. (Celui qui veut procéder inversement et se dispose par exemple à fonder la philosophie « sur une base strictement scientifique », devra d'abord placer la tête en bas, non seulement la philosophie, mais même la vérité, ce qui serait un manque d'égard bien choquant envers deux dames aussi vénérables !) Sans doute (…) « l'homme véridique, véridique dans ce sens extrême et téméraire que suppose la foi dans la science, affirme par là sa foi en un autre monde que celui de la vie, de la nature et de l'histoire ; et dans la mesure où il affirme cet « autre monde », eh bien ! son antithèse, ce monde-ci, notre monde, ne devra-t-il pas le nier ?... — C'est toujours encore une croyance métaphysique sur quoi repose notre foi en la science, — nous aussi, nous autres penseurs d'aujourd'hui qui cherchons la connaissance, hommes sans dieu et antimétaphysiciens, nous aussi nous prenons encore notre flamme à cet incendie qu'une croyance plusieurs fois millénaire a allumé, à cette foi chrétienne qui fut aussi la foi de Platon — que Dieu est la vérité et que la vérité est divine... Mais quoi, si précisément cela devenait de moins en moins digne de foi, si rien n'apparaissait plus comme divin, si ce n'est l'erreur, l'aveuglement, le mensonge, — si Dieu lui-même se trouvait être notre mensonge, un mensonge qui a le plus duré ? — II convient ici de faire une pause et de méditer longuement. La science elle-même a besoin désormais d'une justification (ce qui ne veut même pas dire qu'il en existe une pour elle). Interrogez sur ce point les philosophies les plus anciennes et les plus récentes : il n'en est point qui ait conscience que la volonté de vérité elle-même puisse avoir besoin d'une justification ; il y a là une lacune dans toutes les philosophies. — D'où cela vient-il ? C'est que jusqu'ici l'idéal ascétique a dominé toutes les philosophies, du fait que la vérité a toujours été posée comme Etre, comme Dieu, comme instance suprême, que la vérité ne devait pas être envisagée comme problème. Comprend-on ce « devait » ? — Depuis le moment où la foi dans le Dieu de l'idéal ascétique a été niée, il se pose aussi un nouveau problème : celui de la valeur de la vérité. — La volonté de vérité a besoin d'une critique — définissons ainsi notre propre tâche —, il faut essayer une bonne fois de mettre en question expérimentalement la valeur de la vérité..."

Nietzche

Généalogie de la morale - Nietzsche / extrait 2



"De même, en effet, que le peuple sépare la foudre de son éclat pour
considérer l’éclair comme une action particulière, manifestation d’un sujet qui s’appelle la foudre,
de même la morale populaire sépare aussi la force des effets de la force, comme si derrière l’homme
fort, il y avait un substratum neutre qui serait libre de manifester la force ou non. Mais il n’y a point
de substratum de ce genre, il n’y a point d’ « être » derrière l’acte, l’effet et le devenir ; « l’acteur »
n’a été qu’ajouté à l’acte — l’acte est tout. Le peuple dédouble en somme l’effet d’un effet : il tient
le même phénomène d’abord pour une cause et ensuite pour l’effet de cette cause."

Nietzche

Généalogie de la morale - Nietzsche / extrait 1

EXTRAIT :

___________________


"Qu’est-ce qui produit aujourd’hui notre aversion pour « l’homme » ? — Car
l’homme est pour nous une cause de souffrance, cela n’est pas douteux. — Ce n’est pas la crainte,
c’est bien plutôt le fait que chez l’homme rien ne nous inspire plus la crainte ; que la basse vermine
« homme » s’est mise en avant, s’est mise à pulluler ; que « l’homme domestiqué »,
irrémédiablement mesquin et débile, a déjà commencé à se considérer comme terme et expression
définitive, comme sens de l’histoire, comme « homme supérieur » ; — oui, et encore qu’il ait un
certain droit à se considérer comme tel en présence de l’énorme abâtardissement de la maladie, de
la lassitude, de la sénilité qui se sont mis à gangrener l’Europe, à se croire un être relativement
robuste, au moins encore apte à vivre et à affirmer la vie..."

Nietzsche

jeudi 20 octobre 2011

Sélection des meilleurs Westerns

[Cette liste s'étoffera peut-être, les nouveaux inclus seraient alors d'une autre couleur que les autres, ce choix est subjectif à l'auteur de ce blog, selon ses goûts]

  1. Pale rider
  2. Le bon la brute et le truand
  3. Pour une poignée de dollars
  4. Et pour quelques dollars de plus
  5. Josey Wales
  6. L'homme des hautes plaines
  7. Il était une fois dans l'ouest
  8. L'homme aux colts d'or
  9. Les diparues
  10. L'assassinat de Jessie James
  11. Le grand silence 
  12. Le dollar troué
  13. Tombstone
  14. Le jour des apaches
  15. Le jardin du diable
  16. Vera Cruz
  17. La flèche brisée
  18. Le dernier face à face
  19. La prisonnière du désert
  20. Le diable dans la peau
  21. Cinq cartes à abattre
  22. True grit (western moderne)

samedi 8 octobre 2011

Le communisme spirituel, mysticisme de Céline

«On ne devient pas communiste. Il faut naître communiste, ou renoncer à le devenir jamais. Le communisme est une qualité de l’âme. Un état d’âme qui ne peut s’acquérir. Rien ne peut modifier, atténuer, exalter le ton, la valeur, la joie d’une âme. Propagande, éducation, violences, intérêts, souffrances, et même le fameux Amour n’atteignent pas l’âme. L’âme s’en fout.

Le fond d’un homme est immuable. L’âme n’apprend rien, n’oublie rien. Elle n’est pas venue sur la terre pour se faire emmerder. L’âme n’est chaude que de son mystère. Elle y tient. Elle le défend. Elle y tient par-dessus tout, envers et contre tout. La mort qui refroidit tout ne saisit pas toujours l’âme, elle se débrouille. (…)

Rien ne peut l’atteindre. Du premier au dernier souffle la même pauvreté, la même richesse, exactement. Toutes les menaces, tous les charmes, tous les subterfuges flanchent se dissipent devant sa porte, ne pénètrent jamais. Rien ne peut l’appauvrir, rien ne peut l’enrichir, ni l’expérience, ni la vie, ni la mort. Elle s’en va comme elle est venue, sans rien nous demander, sans rien nous prendre.

Le communisme dans la pratique c’est l’unanimité des âmes, des âmes toutes communistes, toutes altruistes toutes embrasées de passion unanime. (…)
Le communisme doit être folie, avant tout, par-dessus tout, Poésie. L’école des cadavres, Éditions de la reconquête, p.145-146.

Comment obtenir la paix sociale ?

Humains des bas-fonds de la société

Collègues de travail

Enfer et Paradis des hommes



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L'encyclopédie humaine

Saqqarah Egypte ancienne








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vendredi 7 octobre 2011

Bukowski, conteur fou ordinaire !

"Chaque soir on repartait se soûler. Que faire d'autre quand on est pauvre? Les filles ne veulent pas aller avec des prolos. Les filles veulent des médecins, des savants, des avocats, des hommes d'affaire, etc. On ramasse les filles quand les autres mecs n'en veulent plus et on se paie les esquintées, les vérolées, les folles. Au bout d'un moment, quand tu es fatigué de ramasser les déchets, tu abandonnes. Ou tu essaies de laisser tomber. L'alcool aide."



 "Il y a de bonnes raisons d'interdire le LSD, le DMT, le STP, on peut bousiller définitivement sa tête avec, mais pas plus qu'au ramassage des betteraves ou en bossant à la chaîne chez General Motors, en faisant la plonge ou en enseignant l'anglais dans une fac."
 
"Quand un homme s'angoisse pour son loyer, les traites de sa voiture, le réveille-matin, l'éducation du gosse, un dîner à dix dollars avec sa petite amie, l'opinion du voisin, le prestige du drapeau ou les malheurs de Brenda Starr, une pilule de LSD a toutes les chances de le rendre fou parce qu'il est déjà fou en un sens, écrabouillé par les interdits sociaux et rendu inapte à toute réflexion personnelle."
 
"Un être libre, c'est rare, mais tu le repères tout de suite, d'abord parce que tu te sens bien, très bien quand tu es avec lui."

Bukowski 


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Rouge Le Renard
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Action-ambiance féconde la pensée

J'étais assis près des toiles; je n'avais a côté de moi ni épieu ni dard, mais des tablettes; je rêvais, j'écrivais, et je me préparais la consolation de remporter mes feuilles pleines, si je m'en retournais les mains vides. Ne méprisez pas cette manière d'étudier. Vous ne sauriez croire combien le mouvement de corps donne de vivacité à l'esprit; sans compter que l'ombre des forêts, la solitude, et ce profond silence qu'exige la chasse, sont très propres à faire naître d'heureuses pensées. Ainsi, croyez-moi, quand vous irez chasser, portez votre panetière et votre bouteille, mais n'oubliez pas vos tablettes. Vous éprouverez que Minerve se plaît autant sur les montagnes que Diane.



LETTRE VI.
Pline Le Jeune

jeudi 6 octobre 2011

Passage aimé de mort à crédit

Question de loucher, la Vitruve, j'ai jamais vu pire. Elle faisait mal à regarder.
Aux cartes, aux tarots c'est à dire, ça lui donnait du prestige cette loucherie farouche. Elle leur faisait aux petites clientes des bas de soie... l'avenir aussi à crédit. Quand elle était prise alors par l'incertitude et la réflexion, derrière ses carreaux, elle en voyageait du regard comme une vraie langouste.
Depuis les « tirages » surtout elle gagnait en influence dans les environs. Elle connaissait tous les cocus. Elle me les montrait par la fenêtre, et même les trois assassins « j'ai les preuves! » En plus je lui ai fait don pour la pression artérielle d'un vieil appareil Laubry et je lui ai enseigné un petit massage pour les varices. Ça ajoutait à son casuel. Son ambition c'était les avortements ou bien encore de tremper dans une révolution sanglante, que partout on parle d'elle, que ça se propage dans les journaux.
Quand je la voyais farfouiller dans les recoins de son bazar je pourrais jamais tout écrire combien qu'elle me dégoûtait. A travers le monde entier y a des camions chaque minute qui écrasent des gens sympathiques... La mère Vitruve elle émanait une odeur poivrée. C'est souvent le cas des rouquines. Elles ont je crois, les rousses, le destin des animaux, c'est brute, c'est tragique, c'est dans le poil. Je l'aurais bien étendue moi quand je l'entendais
causer trop fort, parler des souvenirs... Le feu au cul comme elle avait, ça lui était difficile de trouver assez d'amour. A moins d'un homme saoul. Et en plus qu'il fasse très nuit, elle avait pas de chance! De ce côté là je la plaignais. Moi j'étais plus avancé sur la route des belles harmonies. Elle trouvait pas ça juste non plus. Le jour où il le faudrait, j'avais presque de quoi en moi me payer la mort... J'étais un rentier d'Esthétique. J'en avais mangé de la fesse et de la merveilleuse... je dois le confesser de la vraie lumière. J'avais bouffé de l'infini.
Elle avait pas d'économies, tout ça se pressent très bien, y a pas besoin d'en causer Pour croûter et jouir en plus il fallait qu'elle coince le client par la fatigue ou la surprise. C'était un enfer.


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Rouge Le Renard
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Je suis mystique, la beauté du corps physique


Breton, je suis mystique, messianique, fanatique tout naturellement - sans effort - absurde - j'ai été élevé tout naturellement en catholique = baptême, première communion, mariage à l'église, etc. (comme 38 millions de Français) La foi ? hum ! c'est autre chose - comme Renan, hélas, comme Chateaubriand, en désespoir... Pire, je suis médecin - Et puis païen par mon adoration absolue pour la beauté physique, pour la santé - Je hais la maladie, la pénitence, le morbide - grec à cet égard totalement - J'adule l'enfance saine - je m'en Pâme - je tomberai facilement éperdument amoureux - je dis amoureux - d'une petite fille de 4 ans en pleine grâce et beauté blonde et santé - je hais la boisson, la fumée, les toxiques - je comprends, je crois l'enthousiasme des Grecs - Cela est fort rare en somme - Ni Popol ni tant d'autres artistes infiniment mieux doués que moi ne ressentent l'appel irrésistible de la jeunesse (même l'extrême jeunesse - saine et joyeuse) pour cela j'ai tant aimé l'Amérique ! la félinité des femmes ! Ah ! Hollywood - Ah - Goldwyn Mayer ! J'aurais donné 10 ans de ma vie pour occuper leurs fauteuils un instant ! Toutes ces déesses à ma merci ! (Renoir était bien aussi de cet avis) - Etalon très modéré, la vue, le palper, m'enchantent à souhait, m'enivrent, m'inspirent - Je donnerais tout Baudelaire pour une nageuse olympique !"

Lettre à Milton Hindus du 23/08/1947, in Milton Hindus, LF Céline tel que je l'ai vu, L'Herne. (réédité en 2008 sous le titre Rencontre à Copenhague)




Rouge Le Renard

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